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Il y a 120 ans : la naissance du Trèfle au sein de la Garde républicaine (2 octobre 1906)

Histoire et Mémoire

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04/10/2026

L'idée d'un fonds de secours mutuel apparaît dans la gendarmerie au début des années 1880, dans le sillage des évolutions sociales favorisées par la nouvelle Troisième République. C'est au sein de la Garde républicaine que l'idée d'établir une caisse corporative et associative se fait jour en 1885. Les contacts quotidiens que gardes républicains et gardiens de la paix entretiennent alors favorisent inévitablement les échanges informels autant que les influences réciproques. Ainsi, à l’initiative du commissaire Le Chartier, la Société amicale de secours mutuels et de retraite des personnels de la préfecture de Police est formée en décembre 1882. Autre élément propice à l’émergence de cette entraide collective parmi les gardes républicains, l’arrivée, à la tête de la préfecture de Police de Léon Bourgeois (novembre1887-février 1888, ensuite sous-secrétaire d'État à l'Intérieur), qui promeut le solidarisme issu du programme radical. La Caisse du Gendarme apparaît dans ce contexte, à l’automne 1888.

Au début du XXe siècle, les réflexions relatives au mutualisme ressurgissent dans l’Arme, à la suite d’une circulaire du ministre de la Guerre André soutenant l’essor de cet esprit dans les armées, alors que l’associationnisme policier est en pleine effervescence après la loi de 1901. En 1905, le capitaine Coupin propose de créer une mutuelle prenant en charge les frais de scolarité des enfants de gendarmes au-delà du certificat d’études primaires. En 1906, le capitaine de gendarmerie Fabre publie un ouvrage consacré aux secours mutuels dans l’armée. L’année suivante, en 1907, le colonel Achille Bouchez, chef de la Garde républicaine, créé L’œuvre des enfants de la Garde, destinée à offrir des vacances aux enfants modestes des militaires parisiens, en collectant les centimes abandonnés sur les soldes de quinzaine. L’inspiration provient directement des dispositifs instaurés sous le préfet Lépine au profit de la progéniture des gardiens de la paix et répond à des revendications de gardes qui constatent quotidiennement les avantages de leurs homologues civils… doléances portées solidairement par la presse corporative des policiers.

Quelques mois plus tard, imaginé par le chef d’escadron Eugène Brody, émerge un autre projet au sein de la caserne Schomberg de la Garde républicaine. En 1905, ce dernier a reçu le commandement de l’école des sous-officiers de gendarmerie où il entend amplifier la solidarité. Il créé Le Trèfle, Société de secours mutuels, enregistrée par le ministre de l’Intérieur Clemenceau, le 2 octobre 1906, pour les motifs exposés dans la publication précédente. Lors de cette réunion fondatrice, Le Trèfle compte vingt-huit membres, dont cinq administrateurs. La première assemblée générale se tient le 5 février 1907 à la caserne Schomberg, dans la salle d’instruction des élèves sous-officiers, et désigne le chef d’escadron Brody comme son président.

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