LA GENDARMERIE EN APPUI DES ARMEES DANS LES ANNEES 1995-2004 EN BOSNIE-HERZEGOVINE
LA GENDARMERIE EN APPUI DES ARMEES DANS LES ANNEES 1995 – 2004 EN BOSNIE- HERZEGOVINE
En Mai 1995, alors qu’une mission des nations unies (FORPRONU) tente depuis 3 ans de ramener la paix en Bosnie Herzégovine, des éléments de l’armée de la république Serbe de Bosnie attaquent des postes tenus par les casques bleus, notamment Français, et prennent ces derniers en otage.
Cet évènement va ulcérer le Président Jacques CHIRAC et l’inciter à exiger des représailles de la part de la FORPRONU (Reprise de vive force du pont de Verbanja par des éléments du 3ème RIMA [Capitaine LECOINTE, futur CEMA] et bombardements tant par les airs que par l’artillerie Française positionnée sur le mont Igman [40ème Régiment d’artillerie]).
L’Etat-Major interarmées de planification opérationnel (EMIA PO), dont je suis l’officier conseiller gendarmerie, est chargé dans le même temps de planifier le retrait pure et simple des troupes Françaises par une manœuvre d’extraction à travers la Bosnie puis la Croatie.
Sous le contrôle du bureau opérations de la DGGN (Commandant Philippe GUIMBERT, futur Général de corps d’armée commandant la Région de gendarmerie Auverne- Rhône-Alpes) je planifie l’engagement d’un escadron blindé de gendarmerie mobile. Celui-ci devait apporter des compétences de maintien de l’ordre, au cas où des populations voudraient s’opposer à la retraite des troupes (l’idée sera reprise plus tard pour l’engagement des forces de l’OTAN au Kosovo, dans le cadre de la mission KFOR, puis en Côte d’Ivoire pour protéger l’enceinte du camp militaire Français d’Abidjan [Port-Bouet]).
Les représailles décrites supra provoquent une prise de conscience des belligérants et les incitent à préparer, sous l’égide du Président Américain Bill CLINTON, les accords de Dayton qui prévoient l’envoi d’une force de l’0TAN (IFOR) pour remplacer la mission des Nations Unies (FORPRONU).
Soudain la présence d’un escadron blindé n’est plus exigée. Cependant la présence de gendarmes en tous genres (Officiers d’Etat-Major conseillers juridique et ordre public, prévôts, experts en identification criminelle…) est souhaitée afin de mener du renseignement d’ambiance, faciliter les contacts avec la population et les polices locales, rechercher des criminels de guerre et assurer le traitement judiciaire des découvertes de charniers et le désarmement des population…etc).
Deux pelotons de gendarmerie de surveillance et d’intervention (PGSI) et une brigade prévôtale d’investigation judiciaire (BPIJ) sont créés. Soit 50 gendarmes, dont 2 officiers, qui rejoignent à Sarajevo et Mostar la force militaire d’imposition de la paix (IFOR) au sein de la Division Française (DMNSE).
Cette mission de gendarmes prévôtaux a perduré jusqu’en 2004 avec l’arrivée de la première mission militaire sous commandement Européen (EUFOR Althea) qui a succédé à la mission de stabilisation de la paix en Bosnie (SFOR – 21 Décembre 1996), à l’issue du mandat de la mission IFOR (20 Décembre 1995), citée auparavant.
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