Chèr(e)s sociétaires du Trèfle
L’année 2025 s’achève avec des bruits de bottes que nous ne pensions pas entendre, alors que certains nous annonçaient les « dividendes de la paix ». Les plus hauts responsables de nos forces armées, dont notre directeur général, tiennent des propos d’une grande clarté que seuls les naïfs ou les inconscients contestent. En dehors de nos frontières, mais aussi sur le territoire national, la paix est fragile. Les conflits sont aujourd’hui hybrides et sont préparés par des cyberattaques, des manipulations de l’information, érigées en stratégie par nos adversaires.
Dans ce contexte, l’unité nationale est indispensable ! L’esprit de défense doit être renforcé. Il passe par le partage des valeurs qui nous sont chères et pour la préservation desquelles beaucoup de nos anciens se sont engagés, souvent au péril de leur vie. Nous ne pouvons abandonner cet héritage. Nous savons que la gendarmerie est une force armée qui défend le territoire et protège sa population. Elle est en première ligne ! Chaque jour nos unités sont confrontées à une violence de plus en plus manifeste, dans son expression et ses conséquences. Le renforcement de la militarité est une exigence, comme le rappelle le général d’armée Bonneau.
Il n’y a pas de militarité sans solidarité ! Les officiers doivent montrer l’exemple, en commençant par ceux qui exercent de hautes fonctions. Notre Trèfle est un vecteur de cette solidarité qui se manifeste dès l’entrée à l’Académie militaire de la gendarmerie nationale qui succède à notre EOGN. J’ai pu mesurer l’ardeur de la promotion capitaine Keller et de la 132ème promotion, lors de la cérémonie de remise des sabres. Les officiers-élèves et les élèves-officiers ont fait la démonstration de leur cohésion et de la force de leur engagement. C’est très réconfortant pour un ancien comme moi qui n’a pas connu un tel enthousiasme lors de son passage à l’école, il y a plus de cinquante ans. Je suis très réconforté par cette cérémonie qui prouve que la relève est là, avec un état d’esprit qui pourrait servir d’exemple aux blasés, à ceux qui ont parfois oublié la ferveur de leur jeunesse. Le Trèfle accompagne cette relève, tout au long de la scolarité, par de multiples actions qui concourent à la cohésion et au rayonnement de notre école. Je remercie le général de division Tavart qui, comme ses prédécesseurs, inscrit notre société de secours mutuels dans le parcours de tradition. Nous avons été pleinement associés aux cérémonies du 80ème anniversaire de l’implantation à Melun de l’AMGN. La plantation d’un arbre, devant le musée, enracine notre symbiose.
La solidarité intergénérationnelle fait partie de la tradition. Comme je l’ai souvent rappelé, le « cœur de réseau du Trèfle » est le réseau du cœur. Le décès de camarades, les conséquence graves de leurs blessures ou de leur maladie justifient plus que jamais le recentrage de notre mutuelle sur l’action sociale. Si la plupart des bénéficiaires sont jeunes (37 orphelins soutenus), nous n’oublions pas les plus anciens qui ont aussi besoin qu’une main leur soit tendue. Je pense aussi à nos veuves qui ont « fait la gendarmerie » en soutenant leur conjoint disparu. J’écris à toutes au moment des fêtes et suis ému par les petits mots qu’elles nous adressent en retour. Elles sont dans nos pensées, espérant qu’elles ne sont pas oubliées par ceux qui les côtoient.
Nous pourrions agir davantage encore si tous les officiers partageaient la même conviction, le même élan qui n’est rien d’autre que ce que Lyautey qualifiait de rôle social de l’officier. Combien d’heureux élus au tableau d’avancement ou au « vivier d’aptitude » sont membres du Trèfle ? Une minorité, hélas ! Mais l’heure n’est pas aux lamentations !
Ce qui compte c’est le dévouement de nos présidents et vice-présidents délégués que je remercie tout particulièrement en associant Brigitte Palmieri et Audrey Isoardi pour leur action au service des orphelins, Philippe Marion et François Jaunay sans lesquels notre Trèfle n’aurait pas connu son renouveau. J’associe aussi notre siège pour son action qui s’enracine de plus en plus au sein de notre académie. Comme je l’ai annoncé lors de l’assemblée général de Rochefort, le 20 juin dernier, nous avons organisé des réunions déconcentrées avec les présidents et vice-présidents délégués afin d’aller au plus près d’eux. Bordeaux (24 octobre dernier), Metz (30 janvier prochain) constituent nos premières étapes qui nous verrons aller à la rencontre de chacun dans les territoires.
L’année 2026 sera celle des 120 ans du Trèfle. Elle sera marquée notamment par la parution d’un numéro de notre revue qui sera consacrée à Eugène Brody, notre fondateur, et à cette belle aventure dont il est l’initiateur. Notre revue a connu quelques vicissitudes, dues en partie à son caractère non prioritaire dans le plan de charge de Limoges. Mais nous avons aujourd’hui une solution inaugurée avec le dernier numéro. Le rythme de parution devrait correspondre aux légitimes exigences de nos lecteurs et à celles de la commission administrative paritaire qui conditionne le tarif préférentiel des expéditions. Le nucléaire, les écoles de gendarmerie, la garde républicaine, les 120 ans du Trèfle seront nos prochains thèmes, en attendant un numéro sur le GIGN en 2027.
Chèr(e)s sociétaires, avec les membres du conseil d’administration, avec les officiers-élèves et élèves-officiers de l’AMGN, je forme à votre attention des vœux très chaleureux, pour vous, vos proches. Que 2026 vous tienne loin des épreuves ! Que cette nouvelle année soit placée sous le signe de la fidélité à l’idéal qui forge l’esprit de nos promotions ! Nous sommes solidaires, sauf à nous confiner dans une posture de solitaire. Ce n’est pas le propre de l’officier !

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